Drapeau breton : origine, signification et histoire

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Le drapeau breton, le Gwenn ha Du, soit “blanc et noir” en langue bretonne, compte parmi les emblèmes régionaux les plus reconnaissables de France. Son histoire mêle revendication identitaire, répression politique et renaissance culturelle. Je dois admettre que lorsque je l’ai aperçu pour la première fois flotter sur le port de Roscoff lors d’un voyage en train, j’ai voulu comprendre ce qu’il racontait vraiment. Ce que j’ai découvert dépasse largement un simple symbole régional.

Qui est à l’origine du drapeau breton et quand a-t-il été créé ?

Le Gwenn ha Du naît entre 1923 et 1925 sous la plume de Morvan Marchal, architecte, militant et nationaliste breton. Officiellement adopté comme emblème de la Bretagne en 1927, il puise son inspiration dans deux sources bien différentes : le blason de la ville de Rennes et le célèbre drapeau américain “stars and stripes”. Morvan Marchal avait l’œil pour les symboles forts, capables de traverser les époques.

Pourtant, ce drapeau ne triomphe pas sans résistance. Les autorités françaises l’interdisent pendant près de 30 ans, le considérant comme un étendard séparatiste et séditieux. C’est lors des manifestations de Mai 68 qu’il réapparaît publiquement pour la première fois, brandi dans les rues avec une force symbolique décuplée. L’interdiction se lève progressivement dans les années 1960-1970, portée spécialement par l’émergence du troisième Emsav, mouvement culturel breton qui diffuse le drapeau dans toute la société régionale.

Depuis, sa popularité n’a cessé de croître. Le 19 août 2023 marquait le centenaire du Gwenn ha Du, célébré par une série d’événements, d’expositions et de conférences organisés en Bretagne. Sans reconnaissance officielle par décret, il s’impose pourtant dans les mairies, les conseils régionaux et les stades. Lors des matchs de foot ou de rugby, dans les festivals, dans les devantures de boutiques : il est partout.

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Que signifient les 9 bandes et les hermines du drapeau breton ?

Le Gwenn ha Du se compose de neuf bandes horizontales noires et blanches, toutes d’égale largeur. Chacune représente l’une des neuf divisions provinciales historiques de la Bretagne. La répartition est précise :

Couleur Nombre de bandes Provinces représentées
Blanc 4 Trégor, Léon, Cornouaille, Vannetais (Basse Bretagne)
Noir 5 Pays de Dol, Pays de Nantes, Pays de Rennes, Pays de Saint-Malo, Pays de Saint-Brieuc (Haute Bretagne)

La Basse Bretagne s’étend au sud et à l’ouest, la Haute Bretagne à l’est. Cette carte géographique cousue dans le tissu du drapeau est d’une cohérence remarquable pour un symbole conçu au XXe siècle.

Dans le canton supérieur gauche figurent onze mouchetures d’hermine, disposées sur trois rangées. L’hermine est un petit mammifère dont le pelage brun devient entièrement blanc dès que les températures descendent sous les -1°C. Si le froid est insuffisant, des taches colorées persistent. C’est ce pelage moucheté que reprend le langage héraldique : une tache noire sur fond blanc.

La légende de l’hermine est indissociable d’Anne de Bretagne. La duchesse aurait vu, lors d’une chasse, une hermine refuser de traverser une boue pour ne pas souiller son pelage, préférant affronter les chiens. Touchée par ce courage, elle en fit son emblème. Naissait ainsi la devise bretonne : “Plutôt la mort que la souillure”. Longtemps, l’hermine fut à la Bretagne ce que la fleur de lys était au Royaume de France : un signe de noblesse, de pureté et de rang. Son pelage ornait les cols du clergé et de la haute justice.

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Drapeau breton : origine, signification et histoire

Quels drapeaux bretons ont précédé le Gwenn ha Du ?

Avant le drapeau noir et blanc, la Bretagne arborait d’autres emblèmes. Le plus ancien, le Kroaz-Du, représente une croix noire sur fond blanc. Son apparition remonterait à 1188, lors des départs pour la troisième croisade. Selon certaines sources, le pape Grégoire IX aurait attribué la croix noire aux Bretons, la rouge aux Français, la blanche aux Anglais. D’autres experts situent son existence documentée de manière certaine seulement au XVe siècle, peut-être liée à la guerre de Cent ans.

En 1532, la Bretagne est annexée par la France. Les souverains français jugent le Kroaz-Du trop chargé de mémoire dynastique. Il cède la place à l’hermine plain. Ce drapeau tout d’hermine, adopté vers 1316 par Jean III, duc de Bretagne, reste aujourd’hui une bannière de prestige utilisée lors des commémorations historiques.

Les drapeaux régionaux ne s’arrêtent pas là. Le drapeau Bigouden, dessiné par Bernard Lebrun en 1992 pour l’Association de promotion du pays Bigouden, puis retouché en 1996, compte 22 hermines (une par commune des cantons bigoudens : Le Guilvinec, Pont-l’Abbé et Plogastel-Saint-Germain), deux bandes jaunes et trois bandes rouges. Le drapeau du pays de Cornouaille, découvert en 1996, représente quant à lui un bélier argenté sur fond bleu, directement inspiré des armoiries de Quimper.

Acheter un drapeau breton : ce qu’il faut savoir avant de se lancer

J’ai toujours aimé rapporter un objet porteur de sens d’un voyage, quelque chose qui raconte un territoire. Un drapeau breton bien fait, ça vaut mieux qu’un souvenir fabriqué à l’autre bout du monde. Plusieurs fabricants français présentent des modèles de qualité, confectionnés localement.

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Les dimensions les plus courantes sont :

  • 150 cm x 90 cm pour un drapeau à tenir à la main
  • 300 cm x 80 cm pour un mât de 6 mètres

Les matières disponibles incluent le polyester 100 %, avec traitement déperlant ou anti-UV. Les finitions intègrent ourlets, coutures doublées et renforcées. Pour les cérémonies ou les défilés, des modèles de prestige existent. Les prix varient : comptez par exemple 17,50 euros HT pour un drapeau pour mât ou pavillon, et 22,30 euros HT avec hampe, selon les références disponibles en France. Au-delà du drapeau lui-même, les couleurs bretonnes se déclinent aussi sur des guirlandes de fanions, des kakémonos ou des nappes imprimées, pour habiller aussi bien un espace intérieur qu’extérieur avec une identité visuelle forte et cohérente.